Le hic là-dedans? La fellation est un geste intime, personnel, qui vulnérabilise autant celui qui la reçoit que celle (ou celui) qui la prodigue et qui ne constitue surtout pas un spectacle. Bref, tout le contraire de ce qui apparaît sur les sites XXX. La banaliser en en faisant l'objet de concours, c'est entretenir une vie sexuelle dont les perceptions sont faussées.

La pornographie et la fellation
La pornographie accorde une telle importance à la fellation qu'elle en fait le centre du plaisir masculin. En plein développement de leur sexualité, beaucoup de jeunes hommes ont tendance à regarder de la pornographie, laquelle est pour ainsi dire à portée de main sur Internet. La représentation mentale qu'ils se font alors de la fellation telle qu'«enseignée» par le Net devient un élément central de leur sexualité.

De plus, étant donné que la porno s'attarde rarement au plaisir du point de vue féminin, ses images axées sur le pénis, et obligatoirement la fellation, amènent les hommes à être encore plus centrés sur leur engin et sur la fellation, au point parfois d'écarter le coït dans leurs relations sexuelles. Comme si, pour atteindre le degré d'excitation requis dans un monde axé sur la performance, il fallait impérativement débuter par un pompage en règle.

Le danger? Que la fellation devienne la norme, le critère de base de toute relation sexuelle, que celui qui se la fait donner oublie la personne en n'étant concentré que sur sa bouche et qu'il considère cette dernière comme une machine dénuée d'émotions. Encourager la compétition en matière de sexe oral ne fait qu'exacerber sa banalisation. La fellation devient alors dépourvue d'émotions.

Poupées gonflables
Dans les concours, ce qui importe, c'est la performance de la fille, qui se transforme donc en objet procurateur de jouissance, comme une poupée programmée pour sa tâche. Elle n'a d'autre choix que de s'appliquer à être propulsée - et non déclassée - du palmarès de la «pipe». Ainsi, elle est dénuée de toute personnalité ou émotion, puisque seules l'habileté et la bouche comptent.

Résultat: une dépersonnalisation de la sexualité qui fait en sorte de développer chez les jeunes hommes la propension à privilégier leur plaisir, au détriment de celui de sa (ou son) partenaire.